fbpx

Le SIBO, causes, symptômes, diagnostics et traitements

Le SIBO, défini comme un excès de bactéries dans l'intestin grêle, reste une maladie mal comprise. Les profils des patients atteints de SIBO varient, allant de légèrement symptomatique à une diarrhée chronique, une perte de poids et une malabsorption. Un certain nombre de tests diagnostics sont actuellement disponibles. Dans cet article, nous discuterons de ce qu'est le SIBO, comment le diagnostiquer et comment le traiter.

Table des matières

Qu’est-ce que le SIBO ?

Le SIBO ou « Small Intestinal Bacterial Overgrowth » est définie comme une augmentation du nombre de bactéries et/ou une modification des types de bactéries présentes dans l’intestin grêle, engendrant un ensemble de symptômes intestinaux. Chez la plupart des patients, le SIBO n’est pas causé par un seul type de bactérie, mais par une prolifération de différents types de bactéries qui devraient normalement se trouver dans le côlon. Moins fréquemment, le SIBO résulte d’une augmentation des bactéries considérées comme normales dans l’intestin grêle. 

Le nombre de personnes atteintes du SIBO dans la population mondiale reste inconnu. Certaines études suggèrent qu’entre 6 et 15 % des personnes en bonne santé et asymptomatiques souffrent du SIBO, tandis que jusqu’à 80 % des personnes atteintes du syndrome du côlon irritable (SCI) sont atteints par le SIBO.

L’équilibre bactérien et l’intestin grêle : quelle importance ? 

Les bactéries dites « normales » (bénéfiques) sont une partie essentielle de l’intestin grêle. Elles jouent un rôle important dans la digestion des aliments et l’absorption des nutriments. Ces bactéries bénéfiques nous aident à protéger notre corps contre les mauvaises bactéries (pathogènes) et les levures ingérées. Elles aident le corps à absorber les nutriments et en produisent également (tels que les acides gras à chaîne courte). Elles participent aussi à la synthèse de vitamines comme le folate et la vitamine K. Ces bactéries aident également à maintenir une motilité musculaire normale, permettant le déplacement des aliments consommés le long du tractus intestinal.  

Le corps dispose de plusieurs mécanismes pour empêcher tout déséquilibre bactérien dans l’intestin grêle (SIBO). Lors de l’ingestion de nourriture, les acides gastriques détruisent et empêchent les bactéries pathogènes de traverser les intestins. La motilité intestinale permet quant à elle un « nettoyage » adéquat du tractus intestinal. La valve iléo-cæcale 1 correspondant à une poche qui forme la première partie du gros intestin qui empêchent la translocation rétrograde des bactéries.2 Enfin, la présence d’immunoglobulines A 3 dans le tractus intestinal permet le maintien de l’immunité.

Quels sont les symptômes liés au SIBO ?

Le SIBO provoque principalement des troubles digestifs parmi lesquels on retrouve :

  • Flatulences et ballonnements (liés à la fermentation des bactéries qui stagnent dans l’intestin grêle) ;
  • Spasmes digestifs ;
  • Douleurs abdominales ;
  • Reflux gastro-œsophagiens (qui pourraient s’expliquer par la pression créée par la stagnation des aliments dans le tractus digestif) ;
  • Éructations ;
  • Nausées ;
  • Diarrhées ou constipation, ou une alternance diarrhée-constipation. 

Ces troubles digestifs sont fréquemment associés à des difficultés de concentration, une fatigue chronique, voire de la dépression et dans certains cas, une perte de poids.

Suivez un programme pour calmer vos symptômes digestifs liés au SIBO

Quelles sont les complications possibles liées au SIBO ?

Le SIBO affecte à la fois la structure et la fonction de l’intestin grêle. Si le SIBO n’est pas traité, il peut entraîner des complications qui peuvent réduire considérablement votre qualité de vie et, dans de rares cas, devenir mortelles.

Les manifestations cliniques du SIBO ne surviennent qu’en cas d’inflammation due à la présence des souches bactériennes pathogènes. Ces souches produisent des enzymes ou des endotoxines, qui endommagent la couche cellulaire superficielle de l’intestin, appelée muqueuse. Les lésions créées au niveau des muqueuses peuvent augmenter la perméabilité intestinale 4, et engendrer des réactions immunitaires pouvant provoquer des allergies alimentaires, des sensibilités et/ ou une inflammation.

Le SIBO peut également entraîner des carences nutritionnelles. En effet, les bactéries, présentes au mauvais endroit dans le tube digestif, vont absorber certaines vitamines B, telles que la vitamine B12, avant que nos propres cellules n’aient la possibilité d’absorber ces nutriments importants. Les bactéries peuvent également diminuer l’absorption des graisses grâce à leurs effets sur les acides biliaires, entraînant des carences en vitamines liposolubles, comme la vitamine A ou D.

Comment diagnostiquer le SIBO ?

Il n’existe pas de test de référence pour diagnostiquer le SIBO. Les tests les plus courants sont : 

  • Un test respiratoire glucidique (glucose, de xylose et de lactulose) qui, après consommation par la bactérie, produira de l’hydrogène ou du méthane. À noter que ces tests sont également associés au syndrome du côlon irritable. C’est le test le plus courant et le plus fiable jusqu’à présent.
  • L’analyse bactériologique du liquide contenu dans le jéjunum, correspondant à la partie médiane de l’intestin grêle.
  • Un test sanguin et d’urine peut également renseigner sur les niveaux de vitamines et de marqueurs de malnutrition. 
  • Pré-diagnostic en ligne Guty

Des tests supplémentaires pour identifier l’étiologie méritent également d’être pris en considération. Les anomalies anatomiques et les muqueuses peuvent être étudiées par imagerie abdominale et endoscopie. Le dépistage des troubles de la motilité gastro-intestinale anormale, de l’insuffisance pancréatique et des déficits immunitaires peut être considéré au cas par cas.

Quels sont les facteurs de risque d’apparition du SIBO ?

Un certain nombre de facteurs de risque du SIBO ont été identifiés, les risques les plus courants ont été énumérés ci-dessous.   

  • Acidité gastrique faible ;
  • Syndrome du côlon irritable ;
  • Maladie cœliaque ;
  • Maladie de Crohn ;
  • Chirurgie intestinale antérieure ;
  • Diabète sucré (type I et type II) ;
  • Un traitement long aux inhibiteurs de pompes à protons (souvent prescrits pour soulager le reflux gastrique) ;
  • Un dysfonctionnement du système organique, comme la cirrhose du foie, la pancréatite chronique ou l’insuffisance rénale
  • La consommation d’alcool, forte ou même modérée (un verre par jour pour les femmes et deux verres par jour pour les hommes) participe également aux lésions des cellules de la muqueuse intestinale et à la diminution de sa motilité. De plus, l’alcool peut « nourrir» les bactéries pathogènes et contribuer à leur prolifération ;
  • Les pilules contraceptives et les maladies inflammatoires de l’intestin (MICI), telles que la maladie de Crohn sont liées. Bien qu’aucune étude à ce jour ne corrèle spécifiquement l’utilisation des pilules contraceptives avec le SIBO, étant donné la relation connue entre l’intestin irritable et le SIBO, il est probable que cette association soit également vraie pour le SIBO.

Quels sont les traitements pour le SIBO ?

Le traitement de SIBO repose sur 3 étapes :

  1. Réduire la prolifération bactérienne de l’intestin grêle ;
  2. Restaurer la motilité intestinale ;
  3. Repeupler l’intestin grêle avec les bonnes bactéries.

Quels médicaments pour le SIBO ? 

  • Le prucalopride (Motegrity) et la naltrexone à faible dose sont utilisés pour traiter le syndrome du côlon irritable (SCI) à prédominance de constipation et le SIBO, en restaurant la motilité intestinale ;
  • La rifaximine est un antibiotique utilisé pour traiter le syndrome du côlon irritable et le SIBO ;
  • La néomycine est un antibiotique utilisé pour le SIBO à dominance méthane ; 
  • Les procinétiques aident à renforcer le sphincter œsophagien inférieur et aident à contrôler le reflux acide ;
  • Les antispasmodiques soulagent les crampes. Ceux-ci peuvent également causer de la constipation, de sorte que les antispasmodiques ne sont généralement destinés qu’aux patients SIBO à dominante hydrogène ;
  • Des perturbateurs de biofilms, tels que les enzymes systémiques.

Les bactéries peuvent former un biofilm protecteur résistant aux antibiotiques. Un perturbateur de biofilm aide à neutraliser les défenses des bactéries et à les rendre vulnérables. Une étude de 2014 a conclu que certains mélanges d’herbes étaient aussi efficaces que la rifaximine dans le traitement du SIBO. 

Quels traitements naturels pour le SIBO ? 

Parmi les produits naturels ayant des propriétés utiles pour le SIBO, nous pouvons citer :

  • L’allicine (contenu dans l’ail) pour son action anti-bactérienne, antifongique, antivirale et antioxydante. Il est recommandé de prendre 2,75 g d’ail cru ou 8,5 g de poudre d’ail séché par jour.
  • Certaines huiles essentielles, comme l’huile essentielle de Carvi, ayant une activité antibactérienne sélective contre les bactéries pathogènes Candida albicans, Clostridium spp., et Bacteroidesfragilis, tout en préservant les bactéries bénéfiques comme les Lactobacilles et les Bifidobactéries.
  • Par ailleurs, l’efficacité des probiotiques a été démontrée uniquement après des traitements antibiotiques et/ou phytothérapiques.

Quelle alimentation pour le SIBO ? 

Le régime recommandé pour le syndrome de l’intestin irritable est aussi recommandé pour le SIBO : le régime pauvre en FODMAP. En termes simples, un FODMAP est un glucide qui peut être fermenté. En évitant les FODMAP, il est plus difficile pour les bactéries nocives de se développer dans votre intestin grêle. Cependant, ce régime peut ne pas convenir à tous les patients SIBO, comme par exemple les patients sous antibiotique(s).

Nous vous conseillons d’établir votre équilibrage alimentaire à l’aide d’un professionnel de santé.

Suivez un programme pour calmer vos symptômes digestifs liés au SIBO

Bibliographie, sources et études scientifiques

  1. Satish S. C. Rao, MD, PhDcorresponding author1 and Jigar Bhagatwala, MBBS, MPH-  Small Intestinal Bacterial Overgrowth: Clinical Features and Therapeutic Management – Clinical and Translational Gastroenterology – PMCID: PMC6884350 – Octobre 2019
  2. Mercedes Amieva-Balmori, Enrique Coss-Adame, Nikilesh S. Rao, Brisa M. Dávalos-Pantoja & Satish S. C. Rao – Diagnostic Utility of Carbohydrate Breath Tests for SIBO, Fructose, and Lactose Intolerance – Digestive Diseases and Sciences – 2019 
  3. Satish S. C. Rao, MD, PhD, FRCP (LON),corresponding author Abdul Rehman, MD, Siegfried Yu, MD, and Nicole Martinez de Andino, ARNP – Brain fogginess, gas and bloating: a link between SIBO, probiotics and metabolic acidosis.- PMCID: PMC6006167 – Clinical and Translational Gastroenterology – Juin 2018 
  4. Sufian J. Sorathia; John M. Rivas – Small Intestinal Bacterial Overgrowth. – StatPearls – MAJ June 2021
Diminuez vos symptômes digestifs