Qu’est-ce que le syndrome de l’intestin irritable ?

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Le syndrome de l'intestin irritable est une maladie gastro-intestinale qui touche 5 à 15% de la population française. Les femmes en sont majoritairement touchées. Cette pathologie s'explique par diverses causes et se manifestent par différents symptômes. Ces derniers varient notamment en fonction de votre sous-type d'intestin irritable. Lisez la suite pour en savoir plus sur cette pathologie.

Table des matières

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*Diagnostic officiel de la Rome Foundation (Rome IV)

Qu’est-ce que le syndrome de l’intestin irritable (colopathie fonctionnelle) ?

Le syndrome de l’intestin irritable (SII) («irritable bowel syndrome» en anglais, IBS) aussi appelé colopathie fonctionnelle, est une maladie gastro-intestinale qui se caractérise par des douleurs et/ou des inconforts abdominaux chroniques associés à des troubles du transit (constipation, diarrhée ou bien une alternance des deux). Cette maladie aurait des corrélations avec d’autres troubles comme :

  • fatigue chronique, anxiété et dépression : qui pourraient être causées, comme le syndrome du SII, par un déséquilibre du microbiote intestinal[efn_note]Le microbiote intestinal, également appelé flore intestinale, est l’ensemble des micro-organismes (archées, bactéries, eucaryotes) qui se trouvent dans le tube digestif. Cela comprend donc les bactéries de l’intestin et celles de l’estomac. Il est composé de cent mille milliards de micro-organismes et son poids peut varier de 2 – 5 kilos[/efn_note], en effet, selon certaines études[efn_note]Anxiété , dépression et microbiote 1 : Étude 1 | Étude 2[/efn_note], dans un état de fatigue avancé, le système digestif ne peut plus fonctionner correctement. La fatigue engendrant du stress et le stress de la fatigue, un cercle vicieux s’installe, pouvant provoquer de l’anxiété et même une dépression. Un lien entre ces différentes pathologies existerait donc.
  • Quant au stress : contrairement à ce que l’on pensait, il n’est pas la cause de l’intestin irritable, mais il en aggrave les symptômes, car en cas de stress, le fonctionnement du système nerveux sympathique[efn_note]Le système nerveux sympathique est une des trois parties du système nerveux autonome. Il est responsable du contrôle d’un grand nombre d’activités automatiques de l’organisme, telles que le rythme cardiaque, la contraction des muscles lisses et même du tube digestif[/efn_note] se dérègle, entraînant des effets fâcheux sur le système digestif :
    • estomac qui se vidange moins vite ;
    • ralentissement du transit de l’intestin grêle, ce qui occasionne des constipations ;
    • stimulation de la motricité et des sécrétions du colon, ce qui occasionne des diarrhées ;
    • modification de la perméabilité intestinale et de la population de bactéries qui siègent dans le microbiote, ce qui a pour effet de créer des inflammations intestinales.

Nombre de personnes touchées

Cette maladie touche environ 5 % à 15 % de la population française. Il est difficile de comptabiliser exactement le nombre de malades, car beaucoup ne consultent pas. De plus, il existe plusieurs grilles avec des critères différents pour diagnostiquer le syndrome de l’intestin irritable (Manning et Rome). Les critères Rome III ont été modifiés en mai 2016 ; aujourd’hui, on établit le diagnostic selon les critères Rome IV.


Qui en est atteint et pourquoi ?

Le syndrome de l’intestin irritable est prédominant chez les femmes. Elles seraient environ 3 fois plus nombreuses à en être atteintes. Ceci pourrait s’expliquer par le fait que les hommes consulteraient moins à ce sujet et se préoccuperaient moins de ce type de problèmes.

Il y a aujourd’hui beaucoup de pistes et d’études sur les causes de cette maladie, voici les plus probantes :

  • Une alimentation non adaptée : l’une des causes qui revient le plus souvent est l’alimentation. La grande majorité des personnes malades parviennent à améliorer leur condition de vie et à réduire leurs symptômes en modifiant leurs habitudes alimentaires, soit en éliminant ou en ajoutant certains aliments. Certains types de probiotiques et de prébiotiques bien précis ont aussi fait leurs preuves. Le syndrome de l’intestin irritable est une maladie dite de civilisation. Elle est surtout présente dans les pays développés, mais commence à apparaître dans les pays en voie de développement. Cela nous permet de faire le lien entre la présence du SII et la modification des habitudes alimentaires.
  • L’inflammation du système digestif : un trouble de l’équilibre immunitaire s’ajouterait aux causes entraînant des inflammations de la muqueuse intestinale en provoquant une augmentation des cellules immunitaires.
  • Le gluten : il pourrait être un facteur déclenchant ou aggravant. Une étude australienne exécutée en double aveugle allègue que le gluten serait responsable d’un nombre encore indéterminé de syndromes d’intestin irritable. Selon une autre étude, le gluten augmenterait la perméabilité intestinale de tous les consommateurs et non seulement des intolérants[efn_note]Étude[/efn_note] ou des malades du SII.
  • La perméabilité intestinale : l’intestin en bonne santé est très peu perméable et empêche au maximum le passage de certaines molécules toxiques pour le corps. Dans le cas d’une hyperperméabilité de l’intestin, certaines molécules (toxines, virus, bactéries) passeront à travers la paroi intestinale, provoquant une inflammation chronique ainsi que des allergies, des intolérances alimentaires et même de l’autisme[efn_note]Une étude effectuée par Joël Doré sur le lien entre l’autisme et le microbiote intestinal : Étude 1 | Étude 2[/efn_note]. De plus le foie va devoir travailler davantage pour détoxifier l’organisme des molécules qui auront traversé la paroi perméable de l’intestin. Dans le cas de l’intestin irritable, une perméabilité intestinale accrue est observée chez un grand nombre de malades.
  • Déséquilibre du microbiote intestinal : ce déséquilibre pourrait, entre autre, être causé par une infection intestinale ou par la prise de certains médicaments, et le patrimoine génétique est aussi mis en cause. Des études démontrent que le déséquilibre du microbiote intestinal joue un rôle dans le syndrome de l’intestin irritable[efn_note] Étude 1 | Étude 2[/efn_note].
  • Troubles du système nerveux central : en cas de problème de régulation de la sérotonine, le fonctionnement du système nerveux peut être perturbé et enclencher une réaction de stress ainsi que des douleurs dans la partie abdominale. Pour cette raison, certaines personnes voient leur état s’améliorer en prenant un traitement d’antidépresseurs de type ISRS[efn_note]Les inhibiteurs sélectifs de la recapture de la sérotonine (ISRS ; SSRI en anglais) est une classe médicamenteuse de psychotropes. Ils opèrent dans le cerveau, notamment en augmentant le taux d’un neurotransmetteur appelé sérotonine.[/efn_note]. Les antidépresseurs ne sont pas la solution et ont de nombreux effets secondaires délétères ; ils sont à prendre en cas de douleurs intenses, parlez-en avec votre médecin. La prise d’antidépresseurs n’est pas anodine. Attention à l’accoutumance !
  • La trypsine-3 : une étude[efn_note]Étude[/efn_note] a démontré que dans le colon de certains patients, il y avait une activité protéase anormalement élevée. Cette protéase mise en cause est la trypsine-3. Cette enzyme agirait à 2 niveaux : en se liant à un récepteur précis, le PAR-2, elle excite les neurones. Ce qui a pour effet de créer des ballonnements chez les animaux testés. La trypsine-3 augmente la perméabilité intestinale.

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Quels sont les symptômes de l’intestin irritable ?

Symptômes indirects

Des symptômes indirects peuvent aussi survenir ; il existe cependant des possibilités de diminuer leurs incidences. L’amélioration des connaissances sur la physiopathologie[efn_note]Étude des troubles qui surviennent dans le fonctionnement des organes au cours d’une maladie.[/efn_note] du syndrome de l’intestin irritable est considérable. Ceux-ci ne sont plus limités à un simple dysfonctionnement de l’appareil intestinal, mais sont aussi désormais d’origine multifactorielle.

Les brûlures d’estomac :

  • Manger des aliments riches en antioxydants (graines germées, fruits, légumes) ;
  • Bien mastiquer les aliments ;
  • Dîner léger le soir ;
  • Consommer du bicarbonate de soude ;
  • Celui-ci tamponne le contenu de l’estomac et neutralise l’excès d’acidité.

Les maux de dos :

  • Ne pas se mettre au repos et continuer une activité sportive ;
  • Consulter un kinésithérapeute et/ou un ostéopathe ;
  • Appliquer une source de chaleur sur le dos ;
  • Masser avec des huiles essentielles (lavande fine, camomille romaine) ;
  • Thérapie psychologique (hypnose, psychothérapie, sophrologie, thérapie comportementale et cognitive).

Les douleurs pelviennes :

Les migraines :

  • Thérapie psychologique (hypnose, sophrologie, thérapie comportementale et cognitive) ;
  • En cas de grosse douleur, il est possible d’utiliser certains médicaments (anti-inflammatoires non stéroïdiens, antalgiques) (Parlez en à votre médecin) ;
  • Bien dormir et à heure régulière ;
  • Prendre de la vitamine B2.
Rejoignez l’association des patients souffrant de l’intestin irritable.

Troubles du sommeil et la fatigue :

  • Thérapie psychologique (hypnose, psychothérapie, sophrologie, thérapie comportementale et cognitive) ;
  • Test du sommeil pour détecter certains dysfonctionnements (apnée du sommeil, problème respiratoire, sommeil agité) ;
  • En cas de troubles important, il est possible de consommer certains médicaments (anxiolytique, hypnotique) (Parlez-en à votre médecin).

Évolution et complication de la maladie ?

Dans la plupart des cas, les symptômes persistent avec des périodes de crise et d’amélioration. Il est cependant possible de se soigner ou au moins de limiter les effets négatifs à court et long terme, grâce à une modification de son mode de vie.

Le syndrome de l’intestin irritable n’augmente pas le risque de développer un cancer du côlon ou une autre maladie inflammatoire chronique de l’intestin (maladie de Crohn, rectocolite hémorragique).

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Bibliographie, sources et études scientifiques

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Étude [consulté le 20 novembre 2018]

Colon irritable | Michael Friedt, Zurich | Paediatrica Volume 19 Numéro 5 2008.
Colon irritable[consulté le 27 novembre 2018]

Microbiote intestinal (flore intestinale).
INSERM [consulté le 04 décembre 2018]

ASSOCIATION DES PATIENTS SOUFFRANT DU SYNDROME DE L’INTESTIN IRRITABLE.
APSSII [consulté le 20 novembre 2018]

Patients with irritable bowel syndrome have altered emotional modulation of neural responses to visceral stimuli.
Étude [consulté le 05 décembre 2018]vo

Irritable Bowel Syndrome.
Étude [consulté le 05 décembre 2018]

Gastrointestinal Safety of Direct Oral Anticoagulants: A Large Population-Based Study.
Étude [consulté le 05 décembre 2018]

De Rome III à Rome IV : Changements dans le diagnostic du SII.
Société canadienne de recherche intestinale [consulté le 07 décembre 2018]

The relation between celiac disease, nonceliac gluten sensitivity and irritable bowel syndrome.
Étude [consulté le 07 décembre 2018]

Effect of gliadin on permeability of intestinal biopsy explants from celiac disease patients and patients with non-celiac gluten sensitivity.
Étude [consulté le 07 décembre 2018]

Rôle du stress dans la perméabilité intestinale : implication dans les maladies inflammatoires cryptogenetiques de l’intestin (MICI).
Société nationale française de gastro-entérologie [consulté le 07 décembre 2018]

Epithelial expression and function of trypsin-3 in irritable bowel syndrome.
Étude [consulté le 10 décembre 2018]

The efficacy of a synbiotic containing Bacillus Coagulans in treatment of irritable bowel syndrome: a randomized placebo-controlled trial.
Étude [consulté le 11 décembre 2018]

Influence of Saccharomyces boulardii on the intestinal permeability of patients with Crohn’s disease in remission.
Étude [consulté le 11 décembre 2018]

Impact of psychological stress on irritable bowel syndrome.
Étude [consulté le 28 février 2018]

Short-term and Long-term Efficacy of Psychological Therapies for Irritable Bowel Syndrome: A Systematic Review and Meta-analysis.
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Étude [consulté le 28 février 2018]

Anxiety, Depression, and the Microbiome: A Role for Gut Peptides.
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Lien entre autisme et système digestif : 6 ème prix Dassault.
Étude [consulté le 28 février 2018]

The Gut Microbiota and Autism Spectrum Disorders.
Étude [consulté le 28 février 2018]

Intestinal Membrane Permeability and Hypersensitivity In the Irritable Bowel Syndrome.
Étude [consulté le 28 février 2018]

Effect of physical activity on glutamine metabolism.
Étude [consulté le 28 février 2018]

Glutamine supplementation in serious illness: a systematic review of the evidence.
Étude [consulté le 28 février 2018]

Glutamine: recent developments in research on the clinical significance of glutamine.
Étude [consulté le 28 février 2018]

Clinical evidence for enteral nutritional support with glutamine: a systematic review.
Étude [consulté le 28 février 2018]

Effect of low-dose oral glutamine on painful stomatitis during bone marrow transplantation.
Étude [consulté le 28 février 2018]

Oral glutamine reduces the duration and severity of stomatitis after cytotoxic cancer chemotherapy.
Étude [consulté le 28 février 2018]

Mindfulness Meditation Reduces Severity of IBS in Women, Study Finds.
Étude [consulté le 28 février 2018]

A one year follow-up of relaxation response meditation as a treatment for irritable bowel syndrome.
Étude [consulté le 28 février 2018]

Aloe vera in treatment of refractory irritable bowel syndrome: Trial on Iranian patients
Étude [consulté le 01 mars 2018]

The intestinal microbiota: equilibrium and dysbiosis
Étude [consulté le 14 mars 2018]

An irritable bowel syndrome subtype defined by species-specific alterations in faecal microbiota.
Étude [consulté le 14 mars 2018]

Randomised placebo-controlled trial of dietary glutamine supplements for postinfectious irritable bowel syndrome.
Étude [consulté le 14 mars 2018]

L'équipe rédactrice Guty

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